






Si, lors de la dernière rubrique, vous avez été inquiétés par la présence d'un
petit crapaud insolite sur la commune, la bête de ce mois risque de vous donner des cauchemars…!
Imaginez-vous sommeillant par une douce nuit d'été lorsque tout à coup, vous entendez un bruit ressemblant fortement à des pas humains évoluant au-dessus de vos oreillers, situés en général dans la chambre au dessous du grenier…Ces pas font soudainement place à des cris stridents qui ne font pas partie de votre répertoire de bruits courants ! Allez-vous appeler un exorciste, les pompiers, Éric ou S.O.S fantômes ? Rassurez-vous, il ne s'agit que d'une des manifestations bruyantes de la fouine, du doux nom latin de Martes foina, petit mammifère de la famille des mustélidés qui comprend la fouine, la martre très proche, l'hermine, la belette, la loutre, le vison, la zibeline, le féroce glouton (il ne hante pas la France!), le blaireau, la belette et le putois.
La fouine ressemble à une grande belette, d'une longueur de 50 cm, d'un poids de 1 à 2 kilos ( le mâle est plus lourd) et est recouverte d'un délicat pelage brun à l'exception de la gorge et la poitrine qui sont blanches.
Sa répartition géographique comprend l'Europe de la méditerranée à la Finlande et recouvre l'ensemble de la France.
Son habitat d'origine forestier tend à s'étendre aux habitations humaines; elle fréquente même les villes. Sa préférence va aux greniers, aux granges, aux tas de bois, aux minces espaces des sous toitures. Elle y trouve ses proies favorites que sont les rats, les souris, les mulots, les oiseaux comme les moineaux, les déchets alimentaires ménagers. Elle ne néglige toutefois pas les fruits et baies sauvages de toutes sortes et même des insectes, des reptiles et batraciens, des mollusques et des charognes. C'est une opportuniste qui adapte son régime en fonction des variations saisonnières.
Madame la fouine met bas une portée de deux à trois petits par an, entre mars et mai; elle reste plus ou moins active durant l'hiver et la moitié des jeunes meurt durant leur première année. L'espérance de vie de la fouine se situe entre trois et dix ans.
C'est un animal bon grimpeur, agile, joueur et doué pour des prouesses acrobatiques défiants les lois de la gravité! Elle mène grand tapage à l'émancipation des jeunes en début d'été et lors de joutes territoriales: son cri ressemble à un aboiement suraigu.
Elle a la réputation, dans certaines régions, de s'attaquer aux durites de voitures; il s'agit d'un comportement localisé et transmis d'une population à l'autre sans que l'on en connaisse la raison;
Ici, personne ne s'en est plaint, sauf pour le bruit. Elle a aussi la fâcheuse habitude de faire son nid en creusant dans la laine de verre, recherchant la chaleur pour ses petits: mais que valent quelques "tunnels" face à la quantité de rongeurs détruits ?
En résumé, il s'agit d'un animal discret sauf aux périodes cruciales, difficilement observable, et utile à l'homme par sa participation à la destruction des rongeurs. Je me rappellerai toujours d'une fouine faisant les cents pas sur notre balcon vers trois heures du matin en roucoulant d'amour pour sa compagne. La veille au soir, elles se disputaient à trois sur le toit de notre voisin, ce qui a fort intéressé nos enfants. J'ai même réussi à en capturer une qui fut montrée aux élèves de l'école maternelle et relâchée le lendemain.
Ses prédateurs principaux sont l'homme et sa voiture, le renard, les chats sauvages et le hibou grand-duc.
Je vous souhaite une bonne rentrée et vous préviens que la prochaine page du
naturaliste sera consacrée à la couleuvre à collier.
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| fouine aux aguets... Photo Charles-A. Vaucher. |
Traces de fouine au repos dans la neige. Photo Pierre-Yves Vaucher |