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La faune de la République Dominicaine: reptiles, batraciens, mygales, insectes.

Sur cette page, vous pourrez voir quelques éléments de la faune de la côte nord d'Hispaniola ou Saint-Domingue. Ne sont présentés ici que les animaux qui font partie du site et que j'ai pu photographier. Il suffit de sortir des complexes hôteliers pour découvrir des lézards, des batraciens, des araignées, en cherchant un peu naturellement et en ayant une connaissance de leurs biotopes et de leurs cachettes. Mais, souvent, les animaux viennent dans les parcs des hôtels, les batraciens en particulier comme le Bufo marinus et Osteopilus dominicensis. Le nord de cette île grande comme la Suisse est long de 300 Km, s'étend sur le littoral atlantique de la frontière haïtienne jusqu'à la péninsule de Samana. L'ouest, vers Puerto Plata, est relativement sec et contraste avec l'est, vers Samana qui est extrêmement verdoyant, pluvieux et qui accueille le parc de Los Haitises, un des nombreux parcs nationaux de la République Dominicaine. Ce pays a fait un énorme effort de protection de son patrimoine et a su conserver 26% de son potentiel forestier contre seulement 1% pour Haïti.
De nombreux oiseaux tels les pélicans, les frégates, les vautours et certains perroquets peuvent être observés à l'est; ailleurs, les hérons garde-boeufs, les pics, les colibris, les chouettes effraies et de nombreuses autres espèces peuvent être observées par n'importe qui.
Pour en savoir plus sur l'herpétofaune de cette région, je vous propose de consulter les sites suivants:
caribherp.org et Wildherps.


boa dominicain

En vous promenant au travers des sous bois, vous verrez assez facilement des lézards de la famille des iguanidés et des teiidés. Les Ameiva ont été vu uniquement sur l'île touristique de Bacardi. Les Leiocephalus sont communs un peu partout ainsi que les Anolis qui fréquentent tout type de biotope, n'hésitant pas à côtoyer les lieux les plus fréquentés par les humains. Ces derniers sont très territoriaux, le mâles défendant chacun sa parcelle et son "harem" n'hésitent pas à hocher de la tête et développer leur fanion gulaire à la moindre menace ou approche que ce soit d'un humain ou d'un congénère du même sexe. L'image ci-dessus montre un boa commun, Epicrates striatus, pris en photo dans un "centre touristique".

ameiva leiocephalus leiocephalus
Ameiva taeniura, Teiidé sur l'île Bacardi.

Leiocephalus sp. petit iguanidé commun.
Leiocephalus sp.
anolis anolis anolis
Anolis distichus, mâle étalant son fanon gulaire
Anolis distichus, commun dans tout le nord. Anolis distichus, région forestière de Himbert.

La rainette dominicaine, Osteopilus dominicensis, se rencontre un peu partout, y compris dans les complexes hôteliers ainsi que dans les rizières de la vallée de Cibao où elle fait entendre son chant dès le crépuscule. Le crapaud géant, Bufo marinus, se rencontre partout dans l'île même en altitude (800m), surtout près des habitations et des cours d'eau, avec une prédilection pour les alentours des restaurants où pullulent les cafards dont il se nourrit. Cette espèce importée pour la destruction des insectes ravageurs des plantations de canne à sucre s'avère plus nuisible pour la faune locale car il dévore tout ce qui bouge et qui est plus petit que lui! J'ai également vu un prédateur importé, la grenouille taureau importée d'Amérique du nord qui envahit actuellement le sud de la France, Rana catesbeiana, dont les mâles avoisinaient les 20 cm et étaient capables de faire des bonds de 1m50!!! Son cri est caractéristique, sorte de "ououoummm" répété dans un intervalle de 5 secondes. Cette espèce se révèle également catastrophique pour la faune locale tellement elle est vorace.
Dans la vallée de Cibao et les "montagnes" du nord est, le chant de la rainette géante, Hyla vasta, ainsi que celui de nombreux Eleutherodactylidés et Bufo marinus se faisaient entendre. J'ai vainement cherché Bufo guentheri dans la vallée de Cibao sans le rencontrer: seuls les Bufo marinus et les rats peuplaient les abords des rivières!

osteopilus osteopilus osteopilus
Osteopilus dominicensis mâle, Puerto Plata.

Osteopilus dominicensis.
Osteopilus dominicensis, détail de la tête.
Bufo marinus Bufo marinus Bufo marinus
Bufo marinus femelle, Puerto Plata.
Bufo marinus femelle.
Bufo marinus mâle.

En scrutant le feuillage, vous pourrez voir l'étonnante araignée à l'abdomen rigide de la famille des Gasteracantha: elle tisse une toile circulaire et mesure à peine 1cm; très colorée, inoffensive, elle se montre très discrète et à peine visible. De nombreux papillons de toute taille et très colorés volètent ça et là dans la pénombre forestière. En parcourant les chemins, vous serez peut-être effrayés par la présence nonchalante d'un iule, sorte de mille-pattes qui s'enroule sur lui-même pour se protéger à la moindre alerte. Les scarabées géants se voient partout, mais je n'ai pu en photographier qu'un seul: ce cétoine zébré de 3 cm m'a fait l'honneur d'une pose de 5 minutes! En soulevant des pierres, vous pourrez rencontrer le scolopendre (Scolopendra alternans) d'environ 20cm, dont la morsure est plus douloureuse que dangereuse. Si votre curiosité dépasse celle du commun des mortels, vous fouinerez dans les troncs d'arbres pourris jonchant le sol, et la sciure noire qui s'en échappera vous fera découvrir des termites (très nombreuses à St-Domingue) et des larves de coléoptères géants. Le chant des cigales locales accompagnera votre ballade tropicale, avec leur son stridulant et lancinant.

araignée iule papillon
Gasteracantha sp. araignée étonnante sur l'île Bacardi.

Iule de 12cm près des chutes de Damajagua. Papillon vers Puerto Plata.
larve géante de coléoptère scolopendre cetoine
Larve de coléoptère géant, Damajagua.
Scolopendre (Scolopendra alternans), Puerto Plata. Cétoine, Puerto Plata.

Amis touristes, vous vous croyez à l'abri en vous baladant près des chutes de Damajagua? Sachez qu'il n'en est rien car le pire de vos cauchemars se trouve au dessous de vos sandalettes, à condition d'aller le chercher car il ne sort que la nuit. J'ai nommé Dame mygale, que j'ai trouvé en soulevant des cailloux sur un site plus que fréquenté, par les bipèdes! Dans un rayon d'environ 10 mètres, 5 mygales et un scolopendre étaient présents sous leur abri. Les mygales de Damajagua (Phormictopus cancerides) étaient assez colorées, vives et rapidement sur la défensive sans toutefois attaquer le bout de bois qui servait à les positionner pour les photos. Le mygalon a projeté dans ma direction des poils urticants de son abdomen en le frottant avec ses pattes arrières, sans toutefois atteindre son objectif (mes yeux): c'est un moyen de défense qui peut être très efficace (cécité temporaire) et commun à plusieurs espèces de mygales. La plus imposante trouvée (Phormictopus sp.)en soulevant un caillou dans un pâturage au bord d'un cours d'eau dans le Cibao central était trois fois plus grosse que les précédentes, de la taille d'un main de "bûcheron", mais très calme, presque pataude! Les noms scientifiques m'ont été fournis par Mygales du Monde.

mygale mygale mygale
Phormictopus cancerides mâle, Damajagua.

Phormictopus cancerides mâle.
Phormictopus cancerides mâle en position de défense.
mygale mygalon mygale
Phormictopus cancerides mâle. Mygalon de la taille d'un €, Puerto Plata. Phormictopus sp. dans la vallée de Cibao.

Quelques photos de paysages et biotopes rencontrés:

cibao cibao cibao
Vallée de Cibao.

Rio Yaque del Norte (Cibao).
Plaine de Cibao et cultures.
damajagua mangrove sousboisSD
Un des nombreux ruisseaux de Damajagua. Mangrove, Samana.

Photos Pierre-Yves Vaucher
Sous bois sur l'île Bacardi.

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