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Le lézard vert, Lacerta bilineata.


Chacun d’entre vous connaît les lézards (reptiles), ils nous sont très familiers et fréquentent nos habitations, nos jardins, à condition qu’on leur en laisse la possibilité, qu’il n’y ait pas trop de chats et qu’ils puissent trouver refuge dans les vieux murs ou les tas de pierres qu’ils affectionnent. Je parle des chats car ceux-ci apprécient particulièrement la chasse facile de ce petit reptile, et il n’est pas rare d’en rencontrer avec une queue tronquée, fort peu jolie, mais qui a retrouvé son utilité: elle sert à l’équilibre de l’animal lors de ses acrobaties en haut des murs ou des façades, mais aussi et surtout à sa survie en cas de prédation; lorsqu’il est saisi, le lézard (la plupart des espèces) a la possibilité, grâce à des vertèbres désolidarisées, de se séparer de sa queue au tiers proximal par simple contraction musculaire. Le membre séparé du corps s’agite encore quelques instants et le prédateur s’y intéressant en général, laissera la fuite et la vie à notre ami furtif. Elle se régénèrera, mais sera généralement plus courte, de couleur et d’aspect différent. Bon, c’est pas tout, je m’égare, de quoi voulais-je vous parler ?
Ah oui, du lézard vert! Beaucoup de personnes sont étonnées lorsque je leur fais découvrir le cousin du lézard des murailles, (Podarcis muralis). Ce lézard là est d’un vert magnifique, beaucoup plus grand et aussi beaucoup moins répandu. Revenons aux coloris: le mâle, est vert vif avec des minuscules taches noires et blanches sur le dos, le ventre jaune uni et la gorge bleue, couleur plus prononcée en période de reproduction ; la femelle est plus terne, le brun se mélangeant au vert, elle possède en outre 2 ou 4 lignes blanches plus ou moins discontinues sur le dos et les flancs. C’est le plus grand lézard vivant dans notre région; seul le lézard ocellé du Midi de la France et de la péninsule Ibérique le dépasse en taille (70-80cm !) alors que le Lacerta bilineata, le nôtre bien vert comme son nom latin ne l’indique pas forcément, atteint 40 cm. Et le plus incroyable, c’est qu’il habite notre commune. Certes, il s’y fait plutôt rare et discret, je ne l’ai vu que l’an passé alors que j’y habite depuis 16 ans. Il est nettement plus abondant dans le sud du canton de Genève ou vers le Mont de Sion.
En Europe, il est présent en France (mais absent du nord), dans le nord de l’Espagne, en Suisse, en Italie, en Sicile, dans les Balkans jusqu’au sud de la Russie. Il existe plusieurs sous-espèces.
Cet animal se fera uniquement repérer par le randonneur à cause du bruit qu’il fait lors de sa fuite. Il est craintif, rapide, grimpe aux arbres, se terre aux pieds des buissons. On peut le rencontrer dans les endroits chauds et bien exposés, les prairies à végétation buissonnante, les talus en lisière de forêt, les carrières. Il sera plus facile à voir le matin ou en fin de journée, car il évite de s’exposer en cas de fortes chaleurs. Baladez-vous le plus discrètement possible et vous aurez peut-être la chance de le rencontrer.
Et que mange t'il allez vous me demander ? Des insectes principalement, mais aussi des lombrics, des mollusques, des petits rongeurs, des oisillons, d’autres lézards et parfois des fruits sucrés ; c’est qu’il est vorace le mécréant!
Ses proies peuvent être tranquilles de novembre à avril, période durant laquelle il hiberne sous des rochers, des racines ou des galeries de rongeurs. Au printemps, après s’être battu violemment avec d’autres mâles rivaux, il ne pense qu’à se trouver une fiancée, à la poursuivre, lui tenir fermement le cou entre ses mâchoires, l’entourer de ses pattes arrière et coller son cloaque contre celui de sa "victime" afin qu’un de ses hémipénis la féconde. Dame viridis s’en ira en mai ou juin chercher un terrain meuble afin d’y déposer de six à vingt œufs, mesurant environ 17mm sur 10mm. Le temps d’incubation variera en fonction de la température, entre sept et quatorze semaines. Les jeunes n’ont pas la livrée splendide de leurs parents, le brun domine.
Sa vie est relativement courte, entre 5 et 9 ans, un maximum de 16 ans a été relevé. Ses prédateurs principaux sont la grande couleuvre verte et jaune, la vipère aspic, les chats errants, certains oiseaux de proie.
Si par hasard vous le croisiez, prenez un moment, asseyez-vous et observez-le évoluer dans son milieu, ce sera un souvenir magnifique, mais il faut du temps, du beau temps et de la patience!


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