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Le Neusiedlersee, mammifères et oiseaux.


Les mammifères

Les mammifères que j’ai le plus facilement observé lors de quelques marches dans la réserve furent tout d’abord le lièvre commun (Lepus capensis) que l’on peut voir par plusieurs dizaines dans la journée, ainsi que de nombreux exemplaires écrasés sur les routes. Monsieur Haider m’a cité que, lors de certaines journées de chasse, ils pouvaient en tirer jusqu’à 500. Il faut dire que les prairies destinées à la fauche fournissent un abri de qualité pour la reproduction de ce rongeur. Un autre animal de la famille que j’ai aperçu une fois mais dont les trous dans les berges des étangs ne laissent aucun doute sur l’auteur est le ragondin (Myocastor coypus). En me promenant autour du Lange lacke, je fus surpris d’entendre un sifflement discret qui attira mon attention; j’aperçut à mes pieds un orifice d’un diamètre d’environ dix centimètres dans le sol de la steppe, et ce terrier ne pouvait qu’appartenir au souslik (ou spermophile) d’Europe (Citellus citellus) sorte de petite marmotte d’environ vingt centimètres de long. Si je ne connaissais pas cet animal auparavant, je ne me serais jamais aperçu de sa présence, tellement il est craintif et ne se laisse pas approcher à plus de 15 mètres sans se réfugier dans son terrier. J’ai donc attendu une vingtaine de minutes pour voir le bout de son museau et ses beaux yeux noirs disparaître dans l’obscurité protectrice. Ils creusent des galeries avec plusieurs sorties. Au bord du Warmsee, c’est toute une colonie d’une quarantaine d’individus qui allaient et venaient d’exposition au soleil couchant au refuge de leurs terriers. Les « guetteurs » se tenaient dressés, et sifflaient régulièrement pour informer leurs congénères de ma présence. Le souslik est très difficile à approcher et à photographier, à moins de se munir d’une tente de camouflage et d’un téléobjectif de 400mm. Un de ses prédateurs, le putois de steppes (Mustella eversmanni), fréquente le même biotope; je l’ai toutefois aperçu furtivement au centre du village d’Apetlon vers deux heures du matin. La fouine (Martes foina), un autre représentant de la famille des mustélidés, se montre discrète sauf lorsqu’elle joue ou se dispute: je ne l’ai vue qu’une fois. Le renard (Vulpes vulpes) se rencontre fréquemment lors de sorties nocturnes en voiture.
J’ai eu plusieurs fois la chance de me trouver à quelques mètres de chevreuils (Capreolus capreolus) paissant dans les roseaux et ne remarquant pas ma présence pendant un certain temps (record de 45 minutes !). J’ai la capacité d’être silencieux, et la chance d’avoir été sous le vent, comme cela, leur flair ne leur a pas été utile. Par contre, dès qu’ils levaient la tête pour scruter leur environnement, je me faisais aussitôt repérer et ils détalaient en faisant des bonds parmi les roseaux pour finir dans le couvert du bois le plus proche. Un mâle, en Hongrie, m’a salué de plusieurs "aboiements" en prenant la fuite dans une forêt de peupliers.


chevreuil chevreuil chevreuil
Chevreuils en fuite.

souslik Sousliks Citellus citellus,
à gauche, individu du Warmsee, photo C.-A. Vaucher.
Droite, photo Monika und Richard Fellinger
citellus citellus


souslik
Citellus citellus,
Seewinkel,
photos C.-A. Vaucher.


souslik

Les oiseaux

Ceux-ci sont tellement nombreux que je ne saurai me souvenir de tous ceux que j’ai vu. Le plus marquant pour moi fut la vision de tous ce nids de cigognes (Ciconia ciconia) alignés comme à la parade sur le faîte des poteaux téléphoniques dans les petits villages hongrois; les habitants, comme en Autriche d’ailleurs, mettent à disposition de ces grands oiseaux des sortes de paniers plats en fer qu’ils installent soit sur les cheminées, soit au sommet de poteaux de toute sorte. La cigogne est un oiseau habitué à la présence humaine et donc peu farouche; elle garde tout de même ses distances si vous essayez de l’approcher à pied. Un autre échassier très élégant mais nettement plus craintif est la grande aigrette (Casmerodius albus), fréquente, car elle trouve dans les grandes roselières un abri idéal pour la nidification. La seule que j’ai pu photographier était tellement absorbée par sa pèche qu’elle n’a guère fait attention à moi, mais me tenait certainement à l’œil. Elle se trouvait au bord des étangs qui longent la route menant au port d’Illmitz. On peut également la voir chassant quelques rongeurs dans les champs, souvent en compagnie du héron cendré (Ardea cinerea). Le héron bihoreau (Nycticorax nycticorax) est un petit héron aux yeux rouges, particularité qui permet une meilleure vision nocturne, je ne l’ai aperçu qu’une fois, en vol. D’autres ardéidés tel le héron pourpré (Ardea purpurea), le héron butor (Ixobrychus minutus), le héron butor étoilé (Botaurus stellaris), se cachent au plus profond des roseaux; il est possible, bien que ces animaux deviennent fort rares, de les observer au crépuscule volant près du lac. La spatule blanche (Platalea leucorodia) est en voie de disparition dans la région, de même que la grande outarde (Otis tarda) qui a été trop chassée dans les années soixante. Un moment rare a été l’observation furtive de l’élégant vol de la huppe (Upupa epops). En fin de journée du lundi, étant pris d’un vague à l’âme de n’avoir pas trouvé encore de crapauds verts, je décidai d’aller marcher dans un pré quand le chant de la caille (Coturnix coturnix), sorte de oup,oup,oup, rapide, me donna envie de la repérer: plus je m’approchais de l’origine du son, dans les 3 mètres, plus celui-ci changeait de direction, ou se taisait! Caille entendue, approchée mais point vue. Je me suis alors consolé en regardant s’envoler puis chanter la délicate alouette ou cochevis huppée (Galerida cristata). La bergeronnette printanière (Motacilla flava) me suivit le long d’un chemin près de la maison de l’administration du parc à Apetlonerhof, poussant son « psiit, psiit » et me surveillant: je devais certainement être près de son nid. Dès l’automne, des grands rassemblements d’oies cendrées (Anser anser) sont observés; lorsque je m’y suis rendu en juin j’ai pu voir plusieurs troupeaux d’une vingtaine d’individus. Le long des routes, de nombreux écriteaux rendent les conducteurs attentifs afin de ne pas écraser ces volatiles, surtout lorsqu’ils sont habitués aux visiteurs. Je ne me lasserai jamais d’admirer le vol planant au dessus des champs et des roselières du busard des roseaux (Circus aeruginosus), élégant rapace de taille proche du milan que nous connaissons bien. De nombreux limicoles sont à la recherche de leurs petites proies au bord des nombreux étangs. La salinité de ceux-ci leur procure presque autant de nourriture (vers, crustacés) que si ils étaient en bord mer. En marchant dans un prés, je fus surpris par l’attitude d’un couple de vanneaux huppés (Vanellus vanellus), dont l’un volait autour de moi de manière assez proche, et l’autre gambadait, tout en gardant une certaine distance, devant moi; je ne devais pas être loin de leur nid. Ce même comportement manifestant l’inquiétude des parents et dans le but d’éloigner le prédateur que j’étais a été adopté par l’avocette (Recurvirostra avosetta), élégant oiseau blanc et noir muni d’un bec recourbé vers le haut. Je citerai encore l’apparition au milieu de la route du petit Gravelot (Charadrius dubius), et du chevalier gambette (Tringa totanus) que j’ai reconnu à son chant. D’autres espèces nombreuses de limicoles étaient là, mais je fus bien incapable de les identifier, n’étant ni ornithologue ni équipé de matériel d’observation ou de photo adéquat. Lors d’une ballade en Hongrie pour des repérages de jour afin d’augmenter mes chances d’observer des batraciens la nuit, je suis tombé par hasard sur une corneille mantelée (Corvus corone), cousine de notre corneille noire mais avec le dos et la poitrine cendrée qui ne m’a pas laissé l’occasion de la photographier. La pension Seehof à Illmitz, comme quasiment toutes les habitations des environs procurent nichoirs et refuges à l’hirondelle de fenêtre (Delichon urbica). Leurs jeunes étaient déjà grand, je m’amusais à repérer la fréquence des allées et venues de leurs parents. Je peux encore citer la présence de la tourterelle turque (Streptopelia decaocto) et de sa cousine plus rare, la tourterelle des bois (Streptopelia turtur).


grande aigrette grande aigrette grande aigrette
Grande aigrette, Casmerodius albus, captivée par sa pèche le long de la route menant à Illmitz port.

avocette oie cendree oies cendrees
L'avocette en vol,
Recurvirostra avosetta.
L'oie cendrée,
Anser anser.
Oies cendrées,
en groupe au Warmsee.

vanneau vanneau2.jpg warmsee1.jpg
Vanneau huppé,Vanellus vanellus, se nourrissant au bord du Warmsee puis en vol. Le Warmsee.

cigogne cigogne cigogne en vol
Cigogne blanche, Ciconia ciconia, dans un champ, sur un poteau avec ses petits, et en vol, en Hongrie.

cigogne couple cigogne et petits nids de cigogne
Couple, mère et jeunes, village près de Osli en Hongrie.

oiseau limicole   oies au bord du Standlacke
Limicole
sur le Warmsee.
  Groupe d'oies cendrées
aux abords du Standlacke.


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