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La sittelle torchepot, Sitta europaea.


Figurez-vous que, le long des troncs d’arbres, l’on ne trouve pas que des fourmis, des cigales, des chenilles ou du lichen. Il y a également toute une kyrielle d’insectes xylophages qui peuvent s’y balader à la recherche des quelques trous pour déposer leurs œufs : leurs futures larves creusant des galeries intéresseront grandement des oiseaux tels les pics et autres marteaux piqueurs volants. Il y a encore certains hyménoptères, comme l’ichneumon (magnifique guêpe prédatrice et élancée), qui recherchent des chenilles afin de pondre leurs propres œufs dans le corps. Mais cette liste, qui est loin d’être exhaustive, ne saurait être captivante sans la présence de la sittelle. Comment, vous vous posez la question de qui se cache derrière un nom pareil ? Et si je vous disais que la sittelle était suivie du nom de « torchepot », me croiriez-vous ?
Je ne maintiens plus le suspens, je sens déjà vos doigts se crisper ! La sittelle (Sitta europaea), est un oiseau de la taille du moineau qui possède des griffes suffisamment puissantes pour lui permettre de se déplacer le long des troncs dans tous les sens, y compris la tête en bas, il ne lui manque plus que la marche arrière ! Les pics et autres grimpereaux sont de piètres acrobates car ils ne se meuvent que la tête en haut. Si vous entendez un martèlement et que vous ne voyez qu’un petit oiseau se déplaçant aussi sur la face inférieure des branches, soyez sûr qu’il s’agit de notre Sittidé de la famille des Passeriformes. Sa coloration est grisâtre dessus, orangée dessous, et elle est décorée d’un trait oculaire noir qui part de la base du bec et s’étend sur la nuque.
La Sittelle a le doigt postérieur très long et la queue courte, ce qui représente probablement une adaptation au mode particulier de déplacement de cet oiseau. En effet, ce doigt lui permet de bien s’agripper, et une queue trop longue lui nuirait. Elle possède un bec droit assez fort qui lui permet de casser les graines dont elle se nourrit en hiver (tournesol, glands, noisettes, faines) mais aussi de chasser les insectes dont elle se régale plus volontiers à la belle saison. Elle cale donc la graine qu’elle s’apprête à consommer dans une fente d’écorce et la martèle ensuite avec son bec pour en retirer le noyau. Son comportement alimentaire est assez curieux pour un oiseau car elle fait des réserves sur son territoire comme le ferait un écureuil. Elle cache son butin dans des fissures d’écorce, dans des trous qu’elle camoufle avec des débris végétaux. Son bec lui sert également à confectionner son logis situé généralement dans un trou d’arbre (le pot), souvent dans un ancien nid de pic épeiche, dont elle rebouche soigneusement et partiellement l’entrée avec de la boue ou des boulettes d’argile mélangée avec de la salive (le torchis) afin d’en diminuer le diamètre pour protéger sa couvée des prédateurs ; son nom de torchepot vient d’ailleurs de ce comportement dont elle n’a pas l’exclusivité dans le monde des oiseaux. On ne s’endort pas, ce n’est pas fini !
La sittelle se rencontre en forêt, sur les grands arbres à haute futaie, résineux comme feuillus, mais elle affectionne aussi les jardins et il n’est pas rare de la rencontrer se baladant à petits bonds dans tous les sens, même en zig zag. Elle peut être agressive envers les autres petits oiseaux qu’elle chasse à proximité d’une source de nourriture au sein de son territoire. Sa couvée est annuelle et comprend entre cinq et huit œufs si tout va bien. La femelle seule s’occupe de la couvaison, le mâle s’occupant des courses ce qui est d’une banalité exemplaire dans le monde animal. Les jeunes sont émancipés une bonne vingtaine de jours après l’éclosion et se mettent à arpenter les troncs comme leurs parents.
Alors, si vous voulez donner un coup de pouce à la sittelle en hiver, qui est un oiseau protégé, mettez une mangeoire dans votre jardin et déposez des boules de graisse garnies de graines de tournesol ; cela lui donnera l’occasion de se disputer avec les mésanges et de vous offrir un spectacle bien plus passionnant que les kohlantises et autres « tv reality choses ». A vos télécommandes, j’ai fini !


Sitta europaea, © Alain Chappuis

Sitta europaea, © Alain Chappuis

Sitta europaea, © Alain Chappuis

Sitta europaea, © Alain Chappuis


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