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Le renard, Vulpes vulpes.


écoutez un fond sonore

Chères lectrices, chers lecteurs et grands défenseurs de la nature,
Maître Renard par l'odeur alléché vous tint à peu près ce langage: rien ne sert de tuer, il faut protéger son poulailler. En effet, comme tout être vivant (y compris les destructeurs bipèdes que vous êtes), la nature m'a doté de la solution de facilité. Pourquoi donc se tracasser à faire des kilomètres pour trouver une maigre souris ou un lapereau alors que le voisin possède un garde gallinacés (...la poule qui fait cot...cot...cooodèèètte...)? En plus, je rends service en zigouillant l'infâme réveil matin qui fait l'emblème de nos clochers et réveille tout le quartier. Bon, je n'ai pas que des défauts, il me reste quelques qualités: j'ai l'honneur de participer de manière efficace à la destruction des rongeurs qui ravagent vos cultures, je débarrasse vos campagnes de vos déchets et je nettoie tout reste comestible à mon goût. J'adore toute sorte de petits mammifères, oiseaux, oeufs, insectes, grenouilles et lézards, charognes et excréments. Bon appétit. Ah, j'oubliais! Rangez vos fruits de jardin, je raffole de ça.
Dans certaines régions, on me lâche une meute de chien qui ont l'objectif de m'épuiser avant que leur maître ne m'achève, ou alors je me fais gazer, piéger au collet, empoisonner...charmante vie passée à éviter la mort, mais je suis rusé. Je suis vecteur de la rage? Vous n'avez qu'à me vacciner à l'aide d'appâts; d'ailleurs cette maladie à disparu de nos régions. Toute cette fable, qui n'est que pure réalité, ne sert qu'à me présenter: je suis votre ennemi juré le Renard, Vulpes vulpes, qui hante vos fermes et qui vous procure une délectation incommensurable lorsque vous me tirez dessus avec vos calibres12 juxtaposés et pressez la pédale de droite si j'ai l'indicible malheur de croiser votre carrosse par une fraîche nuit printanière. D'ailleurs, la saison n'a que peu de raison. La seule qui soit susceptible de m'intéresser est celle des amours, pas comme vous qui ne pensez qu'à cela en toutes saisons, au début du printemps, de janvier à mars; il faut que je me grouille car ma fiancée n'est réceptive que de 24 à 36 heures. Certains me disent polygame, d'autres le contraire. De toutes façons, celle que j'ai "rencontrée" va se mettre à la recherche d'un terrier qu'elle va aménager. Elle partage sa demeure parfois avec le blaireau. Ma descendance sort du gîte début mai, après deux mois de gestation, les yeux bleus et le pelage laineux, la démarche vacillante; ils sont d'abord grisâtre puis virent aux roux. Leurs jeux consistent en simulacre de combats et de chasse. Leur mère leur enseigne les techniques de prédation avec des proies rapportées et de manière ludique. Le rôle qui m'est attribué est souvent discuté par vos spécialistes: tantôt père nourricier et époux attentif, tantôt mari volage fréquentant plusieurs terriers.
Ma manière de chasser est semblable à celle de votre prédateur favori: je me tapis, utilise mes sens les plus développés, (je me demande d'ailleurs lesquels ne le sont pas...), bondis sur ma proie et joue avec durant un moment. J'ai une certaine tendance à utiliser des objets insolites pour mes jeux, et je peux même les collectionner, ce qui montre une supériorité incontestable sur votre vassal canin. Je marque mon territoire, non pas à l'aide de clôtures, mais avec mes odeurs corporelles qui sont présentes dans mes urines: certains parfumeurs ont vainement tenté de m'engager mais le parfum musqué que je "dégage" en a repoussé plus d'un. Je suis agile, léger, capable de grimper, bondir et traverser une rivière.
Vos ancêtres du néolithique ont laissé beaucoup beaucoup de mes os dans leur cuisine, contrairement à ceux d'une de mes proies favorites, le lièvre que je traque à l'usure. Aurais-je meilleur goût ou ma fourrure vous aurait-elle été plus utile? Je suis difficile à observer si ce n'est tôt le matin ou la nuit au bord de vos pistes goudronnées que j'ai parfois le malheur de traverser: il ne reste de mon magnifique pelage qu'une simple paillasse puante à peine digne de quelques corneilles. Et pourtant, si vous connaissiez le nombre de rongeurs dont je vous débarrasse chaque année, vous auriez peut-être plus de respect pour ma misérable carcasse.
Mes dimensions sont les suivantes: en moyenne 1m25 pour un poids allant de 6 à 13 kilos. Je fréquente tous les biotopes, y compris vos cultures génétiquement modifiées (les proies sont plus grosses et exemptes de maladies...!), forêts, plaines, montagne et j'habite toute l'Europe; je suis plus grand au nord (Scandinavie), qu'au sud (Corse, Sardaigne).
Mon pelage est très variable en fonction de la saison, de la région et de l'altitude: en hiver et en montagne, je suis magnifiquement touffu avec des pointes blanches sur le dos; en été, il devient plus court et jaunâtre.
Ne vous surprenez pas si vous me voyez en pleine ville, après une soirée quelque peu arrosée, faire le tour de quelques poubelles à proximité des parcs, j'adore vos restes de poulet et de pâtes à la "Bolognaise" sans aphte (-euse) et prions de toute sorte.
P.S: vous ne m'aurez pas de sitôt!

Écoutez son jappement.


renard

renard vulpes vulpes

renard

J'ai pu observer plusieurs soirs de suite vers 21h15 cette famille de renards, à Presinge, en juin 2010;
les petits jouaient, mangeaient des cerises et tétaient leur mère toujours en alerte.

renard renard vulpes vulpes renard


dans la neige... © Alain Chappuis

sur l'étang gelé... © Alain Chappuis

en chasse... © Alain Chappuis

méfiance... © Alain Chappuis




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