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L'Argiope fasciée, Argiope bruennichi.


Après un été inoubliable et comparable à celui de 1976, le moment est venu de faire un certain bilan sous la forme d'une observation très concrète: la fréquentation des insectes a considérablement augmenté dans nos jardins à cause de la chaleur qui favorise leur développement; dans ce genre il y a également les arthropodes avec un de leur principal représentant, les aranéides ou plus humblement dit, les "araignées"! Ouf, je m'en suis sorti!
Il en est une qui m'a fasciné, de par sa beauté, son comportement, c'est l'Argiope bruennichi ou argiope fasciée. J'ai pu enfin admirer cet animal dans une touffe de lavande, bien exposée comme il se doit, ayant tissé sa toile et attendant son futur prétendant.
Celui-ci, dont je n'envie pas le rôle, est tout simplement condamné à mourir durant la reproduction qui ne dure qu'environ trente minutes: il possède deux appendices nommés pédipalpes, au bout desquels se situent les bulbes terminés par des stylets. Ce sont ces stylets qui pénètrent la spermathèque de la femelle et, lorsque le "tour est joué", il meurt foudroyé, les pattes se repliant sous son corps. La mort en pleine reproduction est caractéristique de l'espèce et rare dans le monde animal.
Mais alors, que va faire la femelle? Elle va tout simplement attendre que le sperme du mâle emmagasiné dans la spermathèque vienne féconder les oeufs au moment de la ponte; ceci explique que la femelle peut pondre plusieurs fois dans l'année. Elle se débarrassera ensuite de son compagnon et le dévorera grâce à ses sucs digestifs puissants qui liquéfient le contenu de ses proies. Pôvre mâle, qui ne mesurait qu'à peine 4 à 8 mm, contre 15 à 25 mm pour la femelle, il avait intérêt à s'approcher très doucement de celle-ci sur la toile pour ne pas se faire prendre pour une proie, aussitôt dit aussitôt fait. Pffff...j'en suis tout époustouflé à écrire ces lignes!
Revenons à nos moutons, heureusement que nous ne sommes pas dans le Mercantour!
Le manteau protecteur richement coloré de la femelle est un signal aposématique (d'avertissement) qui indique au prédateur éventuel que sa proie n'est pas comestible car pourvue d'une paire de chélicères (crochets à venin) redoutable pour ceux ou celles qui auraient envie d'en faire un sandwich, ou alors une couleur mimétique rappelant par exemple...mmmh...la guêpe, le frelon? Pas trop digestes ceux-là non plus!
L'argiope fait partie de la famille des araignées dites orbiculaires, tisseuses de toiles circulaires en général, spiralées et aériennes, nommées toiles orbitèles et pourvues d'un tracé central plus dense nommé le "stabilimentum" typique de l'espèce. Il y a quelques hypothèses quant à son utilité: "stabiliser" la toile, la consolider, attirer les insectes, la rendre plus visible pour que les oiseaux ou les petits mammifères ne la détruisent pas, ou encore à réguler la fréquence de ses vibrations afin que l'araignée puisse estimer la taille de ses proies qui s'y sont empêtrées. La toile est constituée de fils rayonnants sur lesquels sont fixés d'autres fils concentriques; le fil est produit par l'abdomen de l'araignée, ses pattes sont pourvues de poils cireux qui l'empêchent de coller à sa toile. L'argiope a pour particularité de joindre ses pattes avant deux par deux pour se faire plus discrète.
Le cocon, d'un diamètre d'environ 3 cm confectionné par la femelle, possède une enveloppe résistante et servira de refuge protecteur à ses oeufs, (ceux-ci peuvent être au nombre de 1400) ainsi qu'à ses futurs petits. Cette enveloppe est nommée "soie papyracée", allez savoir pourquoi! Elle protège les oeufs jusqu'au printemps. Le cycle complet de l'argiope est d'environ deux ans. La femelle mourra aux premières gelées d'automne.
Ces araignées se rencontrent dans des biotopes plutôt chauds, ensoleillés et secs, ayant subi une influence humaine comme les fossés, les bords des champs, les terrains vagues, les talus ou les jardins.


argiope fasciée argiope fasciée argiope fasciée
argiope femelle avec son stabilimentum et une proie.

argiope avec l'abdomen plein, face dorsale.

Photos Pierre-Yves Vaucher
argiope femelle, face ventrale.


argiope enserrant une proie Argiope "emballant" une proie (gauche), et son cocon (droite).

<-Photos D. Chambettaz->

cocon
     
argiopecouple1.jpg

Couple d'Argiopes, notez la petite taille du mâle qui a fini par se faire dévorer...

<-Photos Pierre-Yves Vaucher->

argiopecouple2.jpg

argiope6.jpg argiope7.jpg
Cocon d'argiope, septembre 2005.

Dessin en forme de masque: photo Thierry Montigny. Photo Thierry Montigny.


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