accueilbatraciensreptilespages du naturalistela photo du moisalbum photoforumme contacter

Le pigeon ramier, Columba palumbus.


Vous vous êtes aperçus, sans doutes ou avec, que depuis quelques petites années, un oiseau devient de plus en plus fréquent dans la région. Ce n’est peut être pas votre cas, mais dans mon jardin j’ai quasiment installé des corridors de vols, tel un contrôleur aérien, surtout au coucher du soleil durant lequel les allées et venues de ces oiseaux ont commencé à m’intriguer. J’avais repéré leurs nids et je m’amusais, non sans étonnement, à souligner l’intensité de la « circulation » aérienne de ces volatiles, au moment de l’apéritif du soir en particulier. Et un à droite, et un autre à gauche, et qu’ils se croisent et qu’ils paradent et roucoulent. Le mot est lâché, quel est donc l’oiseau qui roucoule ?
Il s’agit bien évidemment d’un pigeon, le pigeon ramier ou encore palombe, Columba palumbus, très élégant en collet monté blanc, le port altier mais méfiant lorsqu’il est au sol pour chercher pitance ou breuvage. Sa nourriture consiste en céréales, feuilles, bourgeons, baies, glands, fruits mais également des insectes, des vers de terre et des gastéropodes. Quoi de plus sain me direz-vous ? Il semblerait que se soit l’extension de la culture du maïs dans la région genevoise qui soit à l’origine de la prolifération de ce bel oiseau. Ses prédateurs naturels, tel l’autour des palombes, se font assez rares et la chasse étant interdite en territoire genevois, ceci contribue à son extension de même que ses facultés d’adaptation et ses goûts variés en matière de choix de nourriture, nidification et perchoir. Cet oiseau est grégaire en ce qui concerne les lieux d’alimentation et les dortoirs. Lorsqu’il se nourrit en groupe, on peut observer un comportement hiérarchisé où les dominants sont au centre du groupe et se nourrissent rapidement alors que les dominés restant en périphérie se contentent des « restes ». Le ramier se nourrit plus en fin de journée et adopte même des périodes de sieste. Il passe un temps considérable à chercher sa nourriture en hiver alors qu’en été cette période diminue de presque 70%, ceci étant dépendant de la qualité énergétique de la nourriture absorbée.
La parade nuptiale est assez spectaculaire : le mâle opère une montée brutale dans les airs sur une trentaine de mètres, il semble ensuite suspendu puis amorce une descente vertigineuse ponctuée de claquement dus à de puissants battements d’ailes. Observez un pigeon qui se comporte de la sorte et vous verrez en lui toute la majesté du mâle en parade ; peut-être que cela vous démotivera de lui flanquer un coup de fusil ? Observez le relai des couples au nid ; ceux-ci se forment pour la saison de reproduction et peuvent durer parfois jusqu’à la disparition d’un partenaire. Le pigeon ramier est monogame. Le nid est constitué de brindilles, de bois mort, de petites branches enchevêtrées de manière rudimentaire, au croisement de branches ou d’une fourche d’arbre, souvent à proximité d’un oiseau rapace tel le milan, dont la présence éloigne radicalement les prédateurs des œufs et des oisillons que sont les pies, les geais, les corneilles, les hermines, les martres et fouines ou encore les rats. Les pontes s’étalent durant la belle saison et comprennent 2 œufs. Les jeunes sont nourris au « lait de pigeon », sécrétion de l’épithélium du jabot riche en protéine (caséine) et en graisse. Ce mode d’alimentation des jeunes fait place ensuite et progressivement à une nourriture proche de celle des adultes. Le ramier est sexuellement mature à 2 ans.
C’est le plus grand représentant de la famille des Columbidés qui pèse presque une livre, il est présent dans toute la France, peut être sédentaire, migrateur ou hivernant. Les individus du nord et de l’est peuvent se rapprocher de la région méditerranéenne. Leur vie est très rythmée et ritualisée, de vrais petits pendulaires dont le seul labeur sera la recherche de nourriture, la reproduction, le repérage des canons humains et de l'autour des palombes … comme je les plains !

Écoutez son chant.


ramier5.jpg ramier6.jpg ramier7.jpg
Columba palumbus.

Sur un fil électrique.

Près de son nid en mars.

Photos Pierre-Yves Vaucher.


haut de page

précédentesuivante