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BUFO MAURITANICUS (Sclerophrys mauritanica), le crapaud berbère ou de Maurétanie.



terrarium  éclairage  température  nourriture  reproduction  maladies

Description et habitat Naturel

Le crapaud de Maurétanie, ou crapaud berbère, est un proche cousin du crapaud commun de nos régions (Bufo bufo). Cet animal vit principalement au Maroc, en Algérie et en Tunisie. Des populations isolées vivent également au Mali et au Niger. Enfin, quelques populations isolées ont été récemment découvertes en Espagne, dans le sud de l'Andalousie, dans le parc de Los Alcornocales, dans la province de Cadiz, à Malaga. Il s'agit d'introductions sauvages ou accidentelles.
Bufo mauritanicus est un animal crépusculaire et nocturne, peu actif dans la journée. Du fait du climat nord-africain, le crapaud de Maurétanie vie dans des zones relativement sèches, tout en veillant toujours à rester à proximité des points d'eau, même temporaires. L'eau n'est donc pas une nécessité permanente, mais doit pouvoir être accessible de temps en temps, pour la reproduction et la survie de l'espèce.
Bufo mauritanicus préfère les forêts, mais se trouve sur tous types de terrain : steppes, montagnes, oueds, oasis, bords des barrages, pelouses d'hôtels, plages, w-c de campings etc. On peut même le trouver au-delà de 2.600m d'altitude dans le Haut-Atlas.
Ce grand crapaud peut atteindre 13 à 15 cm (maximum répertorié : 1 femelle de 16cm). De couleur beige à olive, il a le dos parsemé de taches allant de l'orange au rouge lie de vin. Son ventre est blanc, maculé de petites taches grises. Il existe des variantes presque entièrement rouges ou presque entièrement brunes. Cette dernière variante ressemble alors beaucoup à Bufo bufo, notre crapaud commun.
Cet animal est capable des plus grands sauts en hauteur de la famille (il est capable de sortir d'une baignoire d'un bond !). Dès la tombée du jour, il part à la recherche de ses proies (tous types d'insectes, beaucoup de cafards, de coléoptères et même des amphisbènes, sorte de lézards vermiformes apodes).
L'hibernation est facultative, et ne se produit que dans les régions les plus froides.
L'estivation (période de repos en été) est également facultative, et ne se produit que si les points d'eau sont à sec.
Enfin, comme Bufo viridis avec qui il partage souvent les mêmes lieux de ponte, Bufo mauritanicus supporte bien l'eau saumâtre.
Le cri est puissant, sorte de "krrrâââââ rororororôaaarrrr". Attention donc au positionnement du terrarium si vous avez le sommeil léger (mes sub-adultes chantent dans la pièce jouxtant notre chambre à coucher et ils ne nous réveillent pas).

Terrarium

Le terrarium doit être de bonne contenance, compte tenu de la taille des animaux. Ainsi, un bac de 100cm de longueur sur 80cm de largeur et 50cm de hauteur, bien fermé, est un minimum pour 6 adultes. Les dimensions peuvent être un peu réduites pour un groupe de 2 ou 3 animaux.
Les animaux adultes qui ne sont pas encore habitués à la captivité peuvent par leur agitation se blesser le museau en cherchant une sortie. Par expérience, il leur faut 6 à 7 mois pour se calmer. Pour ces individus, je préconise l'usage d'un terrarium en mélaminé lisse avec une "fenêtre" de 40cm/50cm sur un côté (pas plus), et un couvercle bien fixé (à cause des bonds de l'animal) sur le dessus.
Les animaux s'abîment en effet plus le museau dans un terrarium en verre.
Pour des animaux capturés jeunes (et qui s'habituent rapidement), pour des individus nés en captivité ou pour des adultes ayant déjà 6-7 mois de captivité, le terrarium en verre peut-être utilisé sans problème, toujours avec un couvercle bien fixé. Il offre évidemment une bien meilleure visibilité.
Le substrat peut être constitué de 3cm de tourbe recouverte de mousse. Un câble chauffant de 25 watts disposé dessous permet d'assécher rapidement le substrat. Il suffit juste de mouiller une partie du terrarium de temps à autre pour que les animaux ne se dessèchent pas.
J'utilise quant à moi plutôt un fond constitué de 1cm de sable (lavé) pour bac à sable d'enfants.
Le décor est constitué de quelques cailloux, de branches et de tuiles romaines comme cachettes. De telles cachettes doivent être nombreuses, et sont importantes pour le bien être et le calme des animaux.
Un bac d'eau (à changer tous les 2 jours) de 20cm sur 15cm suffit à procurer l'humidité nécessaire. La profondeur de l'eau ne doit pas dépasser 5 cm d'eau, sous peine de retrouver le terrarium inondé. Le reste du terrarium doit être rigoureusement sec. De ce fait, l'hygrométrie peut être faible, de l'ordre de 40% environ.
En pratique, aucun suivi particulier de cette hygrométrie ne s'impose si les règles précédemment définies sont respectées. 
Il est illusoire de vouloir maintenir des plantes dans le terrarium, ou alors de grandes tailles et très résistantes. En effet, Bufo mauritanicus est très remuant, fait de grands bonds dans le terrarium, salissant et abîmant ainsi le décor. Il est donc important que rien dans ce décor ne puisse le blesser, comme des pierres ou des racines trop contournées.

Éclairage

Bufo mauritanicus est ont l'a vu un animal crépusculaire et nocturne. L'éclairage n'est donc que d'une relative importance. Un éclairage par tube aquariophile (néon de type aqua-glow, par exemple) ou par un spot est suffisant, à raison d'une douzaine d'heures par jour (à régler avec une minuterie). Un apport spécifique d'UV ne semble pas nécessaire.
Pour reproduire au plus près le rythme de vie de l'animal, on peut (non obligatoirement) simuler une diminution puis une augmentation progressive des jours de novembre à mars (de 12H à 8-9H).
Pour des raisons d'économie, et suivant le tarif  E.D.F, je coupe même totalement l'éclairage les jours les plus chers, ce qui correspond à environ 20-30 jours d'obscurité (relative : il reste la lumière du jour).

Température

De 25° à 35° le jour, de mai à octobre. On ramène à la température ambiante la nuit.
De novembre à mars, on abaisse (progressivement, pas brutalement) la température à 20° le jour et entre 5° et 10° la nuit, si possible. Sinon, en appartement, coupez toute source de chauffage et d'éclairage durant les mois les plus froids. La température ambiante du jour et celle de la nuit feront l'affaire.
Il est à noter que cette "hibernation" n'est pas indispensable à la santé des animaux. Elle est par contre très utile pour la reproduction.
Afin de régler la température, on peut utiliser un câble chauffant sous le terrarium (un câble dans le substrat est plus délicat, puisque l'animal bouleverse énormément celui-ci). Le câble est coupé la nuit par une minuterie. 
Si on utilise déjà un spot (75 W pour le volume de 100 cm X 80 cm X 50 cm précédemment cité) pour l'éclairage, celui-ci assurera le chauffage pour la journée, et son extinction, en interrompant le chauffage, reproduira la baisse de température propre à la nuit. Le réglage de la température se fait alors en choisissant une puissance liée à la taille du terrarium.
D'un point de vue général, B. mauritanicus est un animal résistant et adaptable, qui supporte des températures allant de 2 à 35°.

Nourriture

Tout ce qui bouge et qui est à la taille de la bouche sera accepté : grillons, vers de farine nourris aux flocons pour poissons, cafards, souriceaux, criquets,.....Les selles d'animaux fraîchement capturés recèlent surtout des coléoptères et autres cafards. 
Il faut saupoudrer la nourriture tous les 15 jours avec des vitamines pour reptiles, type Reptivit. Plus fréquemment lorsque les animaux sont jeunes et donc en croissance.
Les insectes peuvent se trouver dans son jardin (mieux vaut alors les laver s'il y a des risques de pesticides), en animalerie, en magasin de pêche. On peut aussi élever ces petites bêtes.
Attention à l'abus d'animaux trop chitineux (la chitine est la carapace des insectes), comme les cloportes ou les vers de farine. La chitine n'est pas très bien digérée. Il y a même des risques d'occlusion intestinale. Une variété maximale est idéale pour éviter les carences. Le meilleur équilibre serait trouvé avec des criquets, grillons et vers de terre.

Reproduction

En principe, la femelle est beaucoup plus colorée, mais j'ai quand même un mâle plus coloré que toutes mes femelles. Le mâle est également un peu plus mince, et, au contraire de la femelle, il coasse quand il est saisi en amplexus.
Les bras des mâles sont nettement plus forts que ceux des femelles. Les phalanges présentent de plus des callosités noires en période de reproduction. Celle-ci est très difficile en captivité, comme pour la plupart de bufonidés. On peut envisager de la faciliter par des injections d'hormones.
Choix du couple : si l'hivernage des animaux est fait selon les conditions précitées, il faudra les nourrir abondamment dès le réchauffement (progressif) du printemps. Après 2 mois de ce réchauffement, c'est à dire vers avril-mai, ont choisira un couple parmi les femelles les plus grosses (mais attention, un gros ventre ne signifie pas nécessairement présence d'œufs, il peut ne s'agir que de corps gras) et les mâles les plus forts et les plus entreprenants.
On isole alors le couple dans un bac en verre d'une capacité de 20 litres, avec une hauteur de 10cm d'eau au maximum. Prévoir un support de repos (pour sortir de l'eau), une température de 22° et des végétaux aquatiques, quelques branchages.
Si on décide d'utiliser un traitement hormonal pour renforcer les chances d'une reproduction, voici comment procéder :
Les injections d'hormones se pratiquent avec une seringue à insuline, en sous-cutané, dans les sacs lymphatiques (bas du dos, dans le prolongement du fémur en extension), à hauteur des reins. Il faut enfoncer l'aiguille de 2 mm. à 30° d'inclinaison, et ce pour le mâle et la femelle.
Durant 3 semaines, injecter aux 2 individus sélectionnés, à raison de 1 injection par semaine, du Folligon (gonadotrophinum sericum ad. us. vet.), à raison de 30 u.i pour la femelle et de 20u.i pour le mâle. Possibilité d'augmenter la dose de 10u.i en plus. Ces doses sont valables pour un adulte.
2 jours après la dernière injection de Folligon, pratiquer un traitement de Chorulon (gonadotrophinum chorionicum ad. us. vet) de 200 u.i pour la femelle et de 100 u.i pour le mâle. Après 4-6 heures, on répète le traitement avec 600 u.i pour la femelle et 300 u.i pour le mâle.
La ponte intervient entre 4 et 24 h après.
Elle produit entre 5 000 et 10 000 œufs. On peut alors retirer les parents, et les replacer dans leur terrarium originel. Il faut également surveiller l'état de la femelle, qui connaît des risques de noyade.
Les produits (que je trouve en Suisse) : Folligon et Chorulon sont fabriqués par intervet, international b.v, Boxmeer, Hollande On peut aussi trouver un labo ou une université qui élève des xenopus et adapter le dosage de leur produit d'injection au poids des bufo; se renseigner sur leur manière de procéder.
Pour la maturation des œufs, on peut continuer à utiliser le bac de ponte. L'eau de celui-ci est filtrée par un petit filtre aquariophile. L'eau doit être changée tous les trois jours avec de l'eau du robinet. On peut y mettre quelques bactéries pour aquarium tropical, achetées en magasin d'aquariophilie.
Les têtards éclosent au bout de 8 jours et sont végétariens. Il faut les nourrir avec des flocons pour poissons tropicaux végétariens. La quantité distribuée chaque jour doit être consommée en 30 minutes maximum, sous peine de pollution fatale.
Lorsque les 4 membres des têtards sont sortis, il faut baisser le niveau d'eau à 2cm, et prévoir plusieurs supports pour l'adaptation à la vie aérienne.
Retirer les jeunes crapelets alors qu'ils leur reste encore 1cm de queue, sinon ils se noient très facilement. Les placer alors dans un bac dont le fond est constitué de sopalin humide, et les nourrir avec des micro-grillons ou des drosophiles saupoudrés avec des vitamines et du carbonate de calcium.
Adapter la taille des proies au fur et à mesure de la croissance des animaux.
Conseil: éliminer les têtards dès qu'ils sont robustes et n'en garder qu'une trentaine, sous peine de se retrouver avec 200 crapauds à nourrir. A moins que vous n'ayez une connaissance qui retourne au pays d'origine.
Si les conditions sont réunies, vous pouvez obtenir 80% de réussite. C'est ce qui m'est arrivé, et c'est cher de nourrir tous ces jeunes crapauds.

Maladies

Les Bufo mauritanicus sauvages sont parmi les crapauds les plus infestés par les vers intestinaux (cestodes). Le traitement consiste à leur faire avaler un vermifuge pour chat, dosage adapté à leur poids, dissous dans 0,5cc d'eau.
Prendre une cuillère à thé, leur ouvrir délicatement la bouche et mettre le produit à l'aide d'une seringue, sans aiguille évidemment ! Répéter l'opération 1 fois par semaine durant un mois.
Abcès abdominaux : baigner l'animal 3 jours de suite durant 1 heure par jour dans une solution de 1ml de betadine pour 1 litre d'eau, sur une hauteur ne dépassant pas le milieu de l'abdomen, sous peine d'irritation des yeux. Tamponner la plaie avec du papier ménage et appliquer une pommade style Batramycin (bacitracinum 300u.i, neomycinum 3 mg ut neomicyni sulfas) une fois par jour jusqu'à résorption complète de la plaie. Ce produit est commercialisé en Suisse, il faudra donc trouver son correspondant dans votre pays. On peut aussi appliquer une pommade antibiotique à base de tétracycline.
Isoler l'animal atteint dans un bac à part, pour éviter la contagion. Le bac devra être en verre car les bufo sont rapidement allergiques au plastique. Mettre du sopalin humide sur le fond et maintenir à température ambiante.



Bibliographie

Amphibians and reptiles of North Africa, de Schleich, Kästle et Kabisch aux éditions Koeltz, 1996.
Il peut se consulter dans les Muséums, il coûte env. 800 F. Il est en anglais mais c'est le must dans ce domaine. Hyper complet, études de biotopes, croquis géologiques et botaniques, répartitions précises, photos etc...


Bufo mauritanicus femelle

Bufo mauritanicus mâle

Bufo mauritanicus femelle

Bufo mauritanicus femelle et mâle

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