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Les batraciens du Parc National de Doñana, Andalousie.


Discoglossus    Pelobates    Pelodytes    Hyla    Triturus    Pleurodeles

Caractéristiques du parc

Sa superficie totale est de 77.000 hectares, il est situé dans le sud de l'Espagne, en Andalousie, au niveau du delta du Guadalquivir, près du village d'El Rocio célèbre pour sa fête de la vierge, entre Almonte et Sanlucar De Barrameda. Il borde l'océan Atlantique, comprend 25 Km de plages et une diversité de biotopes rivalisant avec le parc national autrichien du Neusiedlersee. La saison la plus chaude, et donc à éviter, est l'été  avec une température diurne pouvant atteindre les 40°; les "marismas" sont à sec, les oiseaux migrateurs absents, les mammifères, oiseaux, reptiles et batraciens, et les humains "font la sieste"!!! Ce parc a été créé en 1969.

Les différents biotopes:

La plage et les dunes se situent face à l'océan sur près de 100 Km, de l'embouchure du Guadalquivir à celle du Rio Tinto; elle est visitée par une certain nombre d'espèces dont les renards, les goélands, les milans, aigles, vautours, cigognes, oiseaux limicoles, venus se repaître des animaux marins rejetés par la mer. La plage s'arrête aux premières dunes, le faucon pellerin, la crécerelle, ou la chouette effraie s'installent parfois sur les anciennes tours destinées à la surveillance de la côte. Des reptiles tels la couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus), le lézard ocellé (Lacerta lepida), la tortue grecque (Testudo graeca graeca) ou l'acanthodactyle commun (Acanthodactylus erythrurus) peuvent y être observés, mais de manière furtive et saisonnière. En ce qui concerne les mammifères, les cerfs, les daims, les sangliers et le lynx pardelle fréquentent souvent les dépressions des dunes qui accueillent des oasis temporaires en hiver et au printemps, points d'eau qui se dessèchent dès le début de l'été.

Les pinèdes qui s'intercalent entre la bande côtière des dunes et les lagunes comportent deux types de sous-bois; le premier est humide sur une couche d'humus, parsemé de petites mares couvertes de scirpes, joncs, carex et graminées, refuge apprécié des grands mammifères, du crapaud commun (Bufo bufo spinosus) et de la cigogne. L'autre type de sous-bois est sec et à sol sablonneux, à végétation d'halimium dont le romarin, la lavande, les ajoncs, localement les ronces et les genévriers.

Les lagunes s'étirent parallèlement aux dunes côtières, elles ne communiquent pas avec la marisma et ne reçoivent ni eau saumâtre ou salée. Ce sont plutôt des lacs où aucune végétation halophile n'y croit. Leurs eaux sont permanentes et d'une grande valeur écologique. S'y trouvent de nombreuses espèces d'oiseaux, anatidés, busards, héronidés, batraciens et reptiles dont les tortues d'eau (Mauremys leprosa) et la couleuvre vipérine (Natrix maura). Les troupeaux sauvages de bovidés ainsi que les chevaux, le lynx pardelle, le renard et la loutre trouvent une certaine fraîcheur et des abreuvoirs.

Le maquis se déploie entre les lagunes et les marismas sur un vaste plateau de sable sans grande variation d'altitude, dont la couverture végétale est constituée d'une brousse buissonnante souvent inextricable. Les cerfs et les daims évoluent sans difficulté. C'est un milieu pauvre en oiseaux, seules les perdrix rouges, les oedicnèmes, les engoulevents à collier roux en sont les hôtes principaux. Les reptiles y sont très abondants. Des chênes-lièges, souvent énormes, sont dispersés ça et là sur cette savane et leurs troncs, morts comme vivants, procurent un refuge et un point d'observation pour le lynx, le chat sauvage, la genette, le putois ainsi qu'une possibilité de nichoir pour les huppes, le pic-vert, les choucas et les chouettes. Les lapins évoluent de nuit comme de jour sur certaines "plages" de sables dégagées au milieu du maquis. Ils sont les proies favorites du lynx et de l'aigle impérial.

La marisma et sa bordure de chênes-lièges est le biotope de prédilection de nombreux oiseaux dont près de 10000 hérons de 5 espèces différentes, de la spatule blanche, des cigognes, des faucons, de l'aigle botté, de la buse, des milans, des chouettes effraies et chevêches qui y trouvent une abondante nourriture parmi les insectes, batraciens et reptiles qui peuplent cette zone. Le lynx et le chat sauvage sont également présents. La transition entre le plateau de sable couvert de maquis et la marisma revêt une importance énorme pour la faune; elle se compose d'une zone de fougères, d'une zone de prairies arides et sablonneuses et d'une zone de prairie inférieure à graminées et ronces passant progressivement aux joncs qui sont périodiquement inondés. Les prairies sont en maintes places coupées de mares profondes (ojos), permanentes, alimentées par les écoulements ou les résurgences. Les sangliers y trouvent leur bonheur.

Les marismas couvrent une étendue inondable d'environ 140000 hectares, de Séville à Sanlucar de Barrameda, du Guadalquivir jusqu'à El Rocio et au Coto Doñana, puis sont stoppés par les dunes côtières. Cette plaine n'est qu'un immense marais durant 9 mois, et se transforme en steppe de sel, d'argile et de plantes sèches durant les 3 mois d'été. Le rio Guadalquivir s'écoule lentement et forme un immense delta au sud de la capitale andalouse. Les marées sont perceptibles jusqu'à 50 Km à l'intérieur des terres, les plus hautes inondant de leurs eaux salines de larges étendues de la marisma. Dans la partie centrale des marismas, des lacs intérieurs (lucios) sont un capital d'eau douce important pour les poissons, batraciens et reptiles fréquentant les milieux humides (Emys orbicularis, Mauremys caspica, Pelobates, Natrix, etc.). Durant l'été, ces lucios se transforment en désert de terre craquelée, éblouissant et surchauffé, l'herpétofaune se réfugie alors en des lieux plus protégés, s'enfonce dans le sol ou ne sort qu'aux heures les plus fraîches de la journée. Les pluies d'automne rempliront alors peu à peu ces espaces, la vie reprendra son activité. Dès ce moment, ces réservoirs immenses sont habités par une faune aquatique sédentaire ou de passage, étape obligée des oiseaux migrateurs.

J'avais 13 ans, José Antonio Valverde alors directeur du parc, m'avait confié la tâche de soulever un tas de cailloux se situant aux abords du Palacio, au coeur même du parc. Il fut effaré en voyant que j'avais découvert sous ce tas toutes les espèces de batraciens vivant à proximité immédiate, avec en prime, un lézard apode et fouisseur, l'amphisbène cendré! Les voici en image, photos © Frank Deschandol, avec mes remerciements.

Le discoglosse peint

nom scientifique: Discoglossus galganoi. Discoglossidé.
nom courant: discoglosse, grenouille peinte.
répartition géographique: France (Pyrénées-orientales), péninsule Ibérique à l'exception de l'est et du nord-est, Sicile, Malte et nord-ouest de l'Afrique.
mœurs: il ne s'éloigne guère de l'eau, peut être diurne et nocturne suivant la température; son activité est inféodée au taux d'humidité et à un minimum de 10°. Il cherche l'abri dans l'eau ou dans les herbes. Il ne pratiquerait ni hibernation ni estivation réelles sauf si l'eau vient à manquer.
habitat: marécages et mares de plaine, ruisseaux de montagne, monte à plus de 2000 mètres dans l'Atlas marocain.
dimorphisme: les mâles sont (rare chez les anoures) plus grands que les femelles, et atteignent 8cm; les orteils de ceux-ci sont entièrement palmés, alors que chez le jeune et la femelle, la palmure est présente à la base des pattes arrière.
chant: voir ou plutôt entendre sur la page des chants des batraciens d'Europe.
nourriture: insectes volants et rampants, vers de terre, têtards, jeunes batraciens même de sa propre espèce.
reproduction: l'amplexus est lombaire; les pontes se succèdent de février à fin novembre sauf quand les points d'eau sont à sec. Les oeufs ne sont pas agglutinés et nombreux, ils sont également très souvent détruits par déssication car les reproducteurs choisissent leur lieu de ponte sans grand discernement.
particularités: l'ornementation et la coloration sont très variables (exemples ci-dessous). Des rugosités noirâtres se trouvent sous le menton du mâle en période de reproduction alors que chez la plupart des anoures, ces callosités se retrouvent sur les pouces.


Discoglossus pictus Discoglossus pictus
Discoglossus galganoi, phase tachetée Discoglossus galganoi, phase lignée
photos © Frank Deschandol


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Le pélobate cultripède

nom scientifique: Pelobates cultripes. Pélobatidé.
cette espèce est déjà décrite sur la page des discoglossidés.


Pelobates cultripes
Pelobates cultripes, © Frank Deschandol

Le pélodyte ponctué

nom scientifique: Pelodytes ibericus. Pélobatidé.
nom courant: pélodyte, grenouille persillée.
répartition géographique: sud de la Belgique, Luxembourg, France, péninsule Ibérique, nord-ouest de l'Italie.
mœurs: terrestre et nocturne.
habitat: à proximité des mares ou des ruisseaux, dans les champs, les vignes, sur les chemins, au pied et dans les interstices de murs de pierres sèches, dans les buissons.
dimorphisme: peu marqué, callosités plus foncées sur les pouces du mâle en période de reproduction.
chant: voir ou plutôt entendre sur la page des chants des batraciens d'Europe.
nourriture: se nourrit de divers insectes rampants.
reproduction: a lieu de mars à l'automne, plus on descend vers le sud, plus la période de reproduction est étalée; l'amplexus est lombaire, la ponte comporte plus de mille oeufs accrochés par grappes caractéristiques aux plantes aquatiques. Les têtards mesurent en moyenne 25 à 40 mm, mais peuvent atteindre des dimensions record de 65 à 95mm, si ils passent l'hiver à cet état.
particularités: rarement vu sauf lors d'émergences massives de jeunes. Les doigts et les orteils sont longs, ceux-ci sont palmés seulement à leur base.


Pelodytes punctatus
Pelodytes ibericus, © Frank Deschandol

La rainette méridionale

nom scientifique: Hyla meridionalis. Hylidé.
cette espèce est déjà décrite sur la page des hylidés.


Hyla meridionalis
Hyla meridionalis, © Frank Deschandol


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Le triton marbré

nom scientifique: Triturus pygmaeus. Salamandridé.
nom courant: triton marbré nain.
répartition géographique: l'espèce nominale (Triturus marmoratus) habite le sud-ouest et le centre de la France, l'Espagne et le Portugal. Triturus marmoratus pygmaeus qui ne se distingue que par sa petite taille (10cm pour 14-16cm de T. marmoratus) habite l'extrême sud de l'Espagne.
mœurs: aquatique au printemps et en été, il quitte l'eau après la reproduction et devient terrestre et se réfugie dans les milieux sombres et humides ou sous des pierres. Hiberne à terre mais quelquefois dans l'eau.
habitat: fossés, mares, puits, réservoirs, auges, flaques, sillons inondés sur les chemins.
dimorphisme: le mâle est plus petit que la femelle, et il possède une crête rayée blanche et noire en livrée de noces. En dehors de cette période, la crête est remplacée par une raie orangée et il devient alors très semblable à la femelle.
nourriture: larves aquatiques d'insectes, crustacés, têtards, vers.
reproduction: 2 à 300 oeufs blancs verdâtre sont déposés individuellement sur les plantes aquatiques après une parade nuptiale où le mâle tourne autour de la femelle en faisant vibrer sa queue; tiens, je vais tester cela!!!!
particularités: le plus beau représentant de l'espèce.


Triturus pygmaeus
Triturus pygmaeus, © Frank Deschandol


Le pleurodèle de Waltl

nom scientifique: Pleurodeles waltl. Salamandridé.
nom courant: triton d'Espagne ou pleurodèle.
répartition géographique: ouest et sud de la péninsule Ibérique, ouest du Maroc. Espèce monotypique.
mœurs: diurne et crépusculaire, très vorace!
habitat: mares, petits étangs, puits, citernes, cours d'eau lents. L'assèchement de leur milieu entraîne une estivation sous de pierres, dans les fentes de rochers ou les fissures du sol.
dimorphisme: le mâle présente sur la face interne des avant-bras une callosité glandulaire recouverte d'un épiderme noir, en période de reproduction comme vous l'aurez compris.
nourriture: larves aquatiques d'insectes, vers, têtards.
reproduction: durant la saison des pluies, de novembre à mai, le mâle, après avoir flairé la femelle, se glisse sous elle et la saisit de ses membres antérieurs recourbés vers le haut et entourant ceux de la femelle. Il dépose un spermatophore qui est absorbé par le cloaque de la femelle. Les oeufs, de 100 à 800 sont fixés en grappe sur les plantes ou les pierres. Le développement dure une dizaine de jours et la métamorphose a lieu après plus de trois mois de vie larvaire. Maturité sexuelle à l'âge de seize mois.
particularités: en dehors de son physique peu ragoûtant (c'est franchement le plus moche de la famille!), on distingue, sur ses flancs une dizaine de taches blanchâtres, jaunes ou orangées espacées comme les côtes. Peut mesurer 30cm.


Pleurodeles waltl
Pleurodeles waltl, © Frank Deschandol


Liste des espèces de batraciens et reptiles présentes en Andalousie mais non décrites sur cette page.
Batraciens Alytes cistenarsii, Bufo spinosus, Sclerophrys mauritanicus (près de Cadix ?), Pelophylax perezi.
Reptiles Chamaeleo chamaeleon, Tarentola mauritanica, Hemidactylus turcicus, Anguis fragilis, Psammodromus algirus/hispanicus, Podarcis hispanica, Lacerta schreiberi, Acanthodactylus erythrurus, Chalcides chalcides/bedriagai, Rhinechis scalaris, Malpolon monspessulanus, Macroprotodon cucullatus, Hierophis hippocrepis, Natrix natrix astreptophora, Emys orbicularis.


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